Construction d’un monde plus inclusif

Construction d’un monde plus inclusif et plus équitable pour les personnes handicapées

Impératif : Egalité des chances pour une protection contre toutes les formes de discrimination, d’exploitation et d’abandon

La Journée internationale des personnes handicapées, célébrée le 3 décembre de chaque année, constitue une occasion idoine de sensibiliser davantage aux droits de cette frange de la société.
Cette journée interpelle l’ensemble des décideurs à œuvrer pour la construction d’un monde plus inclusif et plus équitable pour les personnes handicapées, à travers une meilleure intégration socioéconomique et la reconnaissance de leurs droits fondamentaux, l’éducation, la scolarisation, la formation ou l’accès au travail, entre autres.
Afin de favoriser l’intégration et l’accès à la vie économique, sociale et politique des personnes handicapées, cette Journée internationale des personnes handicapées a été proclamée, depuis 1992, par les Nations unies, avec pour objectif de modifier le regard porté sur ces personnes qui sont des composantes de la société et donc des citoyens à part entière.
Au Maroc, SM le Roi Mohammed VI n’a eu de cesse d’entourer cette catégorie de la population de sa Haute sollicitude, à travers la mise en place de plusieurs projets socioéconomiques en leur faveur, notamment le Centre national Mohammed VI des handicapés à Sala Al Jadida (CNMH), considéré comme une structure de référence en matière de handicap au niveau national.
En effet, depuis son implantation par la Fondation Mohammed V pour la solidarité et son inauguration en novembre 2006 par le Souverain, le centre n’a cessé de poursuivre les efforts d’intégration sociale au profit des personnes en situation de handicap, pour l’amélioration de leurs conditions de vie, selon un document du CNMH.
La prise en charge multidisciplinaire des personnes en situation de handicap, la recherche scientifique, l’échange et la modélisation des bonnes pratiques sur les plans national et international, le développement et la supervision de la mise en oeuvre des programmes d’insertion socioprofessionnelle et éducatifs, constituent notamment les missions du centre.
Pour la réalisation de tous ces objectifs fixés, le Centre d’insertion et d’aide par le travail (CIAT) relevant du CNMH a été mis en place. Il s’agit d’un département qui permet aux bénéficiaires d’être encadrés et accompagnés dans la réalisation de leur travail dans différentes unités de production.
Le CIAT constitue en effet un projet pilote qui s’investit à démontrer la capacité des personnes en situation de handicap à être acteurs de la société par leur travail.
S’inscrivant dans une politique d’intégration socioéconomique, le CIAT tend à garantir des emplois générateurs de revenus aux personnes en situation de handicap dans une optique d’autonomisation et de participation sociale et professionnelle plus large dans des milieux adaptés, à travers plusieurs unités de production, notamment l’agriculture biologique (légumes et fruits), l’élevage bio du poulet fermier (beldi), le jardinage, la restauration, la boulangerie et pâtisserie et le montage de chaises roulantes.
Conformément aux hautes orientations Royales, visant la protection de toutes les composantes de la société marocaine, y compris les personnes en situation de handicap et en application de l’article 34 de la Constitution, les autorités publiques sont appelées à accorder plus d’intérêt aux personnes en situation de handicap et ne ménager aucun effort pour mettre en place des politiques publiques à leur profit.
Dans cette perspective, plusieurs initiatives gouvernementales ont été prises ces dernières années en vue de promouvoir la situation des personnes en situation de handicap, tout en cherchant à surmonter le déficit dans ce domaine et à faciliter l’insertion socioéconomique de cette frange sociale.
Depuis la réforme de la Constitution en 2011, qui souligne la nécessité de réhabiliter et d’intégrer dans la vie sociale les handicapés physiques et mentaux et faciliter leur jouissance des droits et libertés reconnus à tous, le gouvernement a planché sur l’application des dispositions constitutionnelles en vue d’honorer les engagements internationaux du Royaume, notamment la ratification de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, adoptée en décembre 2006 au siège de l’Organisation des Nations unies à New York.
La question du handicap a suscité un intérêt particulier dans la Constitution, par l’interdiction de la discrimination de personnes sur la base de leur handicap, confirmant l’engagement du Maroc à combattre toutes les formes de discrimination fondées sur le genre, la couleur ou la croyance, la culture ou l’appartenance sociale ou la langue régionale ou le handicap. Le Chapitre 34 prévoit également que les pouvoirs publics élaborent et mettent en œuvre des politiques au profit des personnes et groupes aux besoins spécifiques.
Ces efforts ont été couronnés par l’élaboration du projet de loi-cadre n° 97.13 relatif à la protection et la promotion des droits des personnes en situation de handicap, visant principalement à fixer les engagements de l’Etat et des parties concernées par cette question et à adapter les lois nationales aux dispositions de la convention internationale sur les droits des personnes handicapées.
Le texte stipule la prévention et la lutte contre les conséquences de ce phénomène et la garantie de l’égalité des chances pour les personnes en situation de handicap, ainsi que leur protection contre toutes les formes de discrimination, d’exploitation et d’abandon.
Outre ce projet de loi, le Conseil de gouvernement a approuvé le 6 juin 2014 le projet de décret n 2-14-278 portant création du Comité interministériel chargé du suivi de l’exécution des stratégies et programmes relatifs à la promotion des droits des personnes en situation de handicap.
Les efforts du gouvernement ont porté sur la question d’intégration socioéconomique qui demeure l’acquis le plus tangible dans la perspective d’amélioration des conditions des personnes en situation de handicap.
Dans ce sens, le gouvernement a œuvré à répondre aux revendications des personnes diplômées en situation de handicap, notamment leur insertion professionnelle, avec l’instauration d’un quota de 7 % prévu pour ces personnes à l’instar de l’organisation d’un concours dédié à cette catégorie de personnes et l’annonce des postes d’emploi spécifiques pour elles.
Par ailleurs, le débat sur la question du handicap ne se limite plus aux institutions officielles et aux départements gouvernementaux, mais s’étend également aux acteurs associatifs et à la société civile, c’est pourquoi cette journée est programmée désormais dans les établissements scolaires afin d’instaurer le dialogue à ce sujet parmi les élèves et les enseignants.
L’école se mobilise donc pour que le regard porté sur les personnes en situation de handicap change et contribue à faire respecter leurs droits fondamentaux, partant du principe que tous les êtres humains, valides ou non, naissent libres et égaux en dignité et en droits.

Samedi 3 Décembre 2016

Source :
http://www.libe.ma